De Rio de Janeiro à Ilha Grande : comment y aller, payer malin et combien de nuits rester

Si vous préparez votre trajet de Rio de Janeiro à Ilha Grande, ce guide est pour vous. Ce n’est pas un énième article « comment faire pas cher » — ce qui revient souvent à perdre deux jours pour économiser quelques réais. C’est l’inverse : comment bien le faire. Écrit par quelqu’un qui vit sur l’île depuis presque sept ans.

Avant de partir : ce n’est ni Rio ni une station balnéaire

Une chose à comprendre avant de réserver quoi que ce soit : Ilha Grande ne ressemble à aucune autre destination du Brésil. Ce n’est pas Rio, ce n’est pas une plage où l’on se pose en descendant de l’avion, et ce n’est pas un resort dont on pousse la porte. C’est une île isolée : ni voitures, ni ponts, ni aéroport — ici, tout se déplace à pied ou en bateau.

Concrètement, cela veut dire deux choses. D’abord, vous ferez forcément une correspondance pour arriver. Ensuite, il y aura forcément une journée qui « se perd » : une journée de mauvais temps enfermé, ou une sortie annulée parce que la mer ne le permet pas. À Rio, vous restez sept jours et vous passez sept jours à Rio, point. Ici, le rythme est autre — et c’est justement tout l’intérêt. C’est pourquoi la première chose à régler n’est ni le vol ni l’hôtel, mais le nombre de nuits que vous accordez à l’île (indice : plus que vous ne le pensez).

Aller de Rio à Ilha Grande

La plupart des voyageurs internationaux atterrissent à Rio de Janeiro (aéroport de Galeão, GIG) : c’est votre porte d’entrée. De là, on rejoint la côte et l’on traverse en bateau, pour débarquer au quai de Vila do Abraão. Le détail qui change le voyage, c’est qu’il se joue différemment à l’aller et au retour.

Trajet (aller)Le meilleur choixPrix indicatif
En coupleTransfert partagé, porte à quai~200 R$ / personne
À trois ou plusUber jusqu’au quai de Conceição de Jacareí + vedette~230 R$ la voiture + vedette

Les prix sont indicatifs et varient selon la saison — à prendre comme repère, pas comme budget.

À l’aller, pour un couple, le transfert porte à quai vous évite d’y penser. À trois ou plus, Rio ne manque pas d’Uber : il revient souvent mieux de descendre jusqu’au quai de Conceição de Jacareí et d’y prendre la vedette. Une astuce : indiquez bien le quai exact et l’itinéraire dans l’appli, pour que personne ne vous surfacture « parce que la destination était ailleurs ».

Au retour (île → Rio), prenez le transfert, toujours — c’est là qu’Uber se retourne contre vous. Conceição et Angra n’ont rien de l’offre de voitures de Rio, et il y a une combine : les chauffeurs se déclarent « disponibles » une demi-heure avant l’arrivée du bateau, puis disparaissent en le voyant entrer — et celui qui reste facture une fortune. Le transfert, lui, part à heure fixe et, trois heures plus tard, vous êtes devant votre hôtel à Rio, entier.

Si vous voyagez au plus juste, l’option la moins chère reste le bus Costa Verde depuis la gare routière Novo Rio jusqu’à Conceição de Jacareí ou Angra dos Reis, puis une vedette. Les bus brésiliens sont confortables et ponctuels ; le seul point pénible, c’est le chaos de la gare Novo Rio elle-même.

🧭 Le pas à pas complet de tous les itinéraires — ports, horaires, prix des vedettes et des bus — se trouve dans notre guide principal : Comment aller à Ilha Grande. Ici, on vous donne le verdict pour une arrivée via Rio.

L’argent : ce dont personne ne vous parle

Au Brésil, le Pix est roi. C’est le système de virement instantané, et les habitants paient tout avec — jusqu’à une noix de coco sur la plage. Pour un visiteur, deux réflexes font gagner de l’argent et évitent les ennuis :

  1. Si vous payez par carte, faites-vous débiter en réais — jamais dans votre monnaie. Quand un terminal propose de vous facturer en euros ou en dollars (« conversion dynamique »), il ajoute discrètement un taux de change défavorable par-dessus ce que votre banque prélève déjà. Choisissez toujours les réais.
  2. Emportez quelques réais en espèces avant de traverser. Il n’y a ni distributeur ni bureau de change sur l’île. À Vila do Abraão, la plupart des restaurants et des pousadas prennent la carte ; sur les plages et dans les coins reculés, c’est souvent espèces ou Pix uniquement.

Combien de nuits rester (et où)

Restez au moins cinq nuits. Et si vous le pouvez, sept ou plus, c’est l’idéal. Avec cinq, les probabilités jouent pour vous : une peut être pluvieuse et les autres sont en général splendides. Avec deux ou trois, si le temps se gâte, vous repartez sans avoir vu l’île.

Et dormez à Vila do Abraão. C’est le cœur névralgique : tout part d’ici à pied — restaurants, cuisine caiçara et internationale, musique live, quatre supermarchés. Il y a de beaux coins pour passer la journée (Araçatiba, Bananal, Praia Vermelha), mais pour y dormir ils vous isolent, avec un seul bateau par jour et des prix plus élevés. Plus d’infos dans notre guide où dormir à Ilha Grande.

Les erreurs fréquentes (pour ne pas les commettre)

  • Croire qu’au Brésil tout est proche. C’est celle que je vois le plus. Vous arrivez à Rio, vous venez jusqu’ici — environ 130 km, deux heures — puis vous vous dites « bon, maintenant je file à Búzios »… qui est à plus de 400 km, dans la direction exactement opposée. La région de Rio se joue sur deux axes : Rio + nord (Búzios, Arraial do Cabo, Cabo Frio) ou Rio + sud (Ilha Grande, Paraty). Ce n’est pas « soit Rio soit l’île » — c’est choisir un axe. Deux destinations sur deux semaines, c’est parfait (par exemple cinq jours à Rio et sept nuits ici) ; mais trois lieux dans des sens opposés, c’est passer ses vacances au volant.
  • Venir moins de cinq nuits. On l’a déjà dit, mais c’est l’une des pires : il suffit d’un jour de mauvais temps et vous êtes reparti sans l’île.
  • Lésiner sur le transfert. Économiser cinq réais sur un bus pour en perdre quinze dans un taxi — et tout un après-midi de vacances — c’est la pire des économies. Vos vacances, c’est votre temps de qualité : le moment où vous sortez de la routine qui vous serre toute l’année, où vous vous reposez, où vous mangez bien, où vous vous faites plaisir. Ne l’échangez pas contre de la petite monnaie.

Une note de transparence

Ce guide est écrit par Ricardo Aparicio, qui vit à Ilha Grande et tient la Pousada Costa Verde, à Vila do Abraão. Je l’écris pour que celui qui arrive via Rio ait les idées claires dès le départ — c’est la même information, que vous logiez chez nous ou non.

Questions fréquentes

Comment aller de Rio de Janeiro à Ilha Grande ?

On rejoint la côte, puis on traverse en bateau : l'île n'a ni voitures, ni ponts, ni aéroport, et tout le monde débarque au même endroit, le quai de Vila do Abraão. Le plus simple depuis Rio est un transfert partagé (une navette par la route puis une vedette), porte à quai, en 3,5 à 4,5 heures environ. Le moins cher : le bus Costa Verde depuis la gare routière Novo Rio jusqu'à Conceição de Jacareí ou Angra dos Reis, puis une vedette.

Faut-il payer par carte ou emporter des espèces au Brésil ?

Au Brésil, le Pix (le virement bancaire instantané) est roi et souvent le moyen le moins cher. Si vous payez par carte, demandez à être débité en réais, pas dans votre monnaie : la « conversion dynamique » ajoute un mauvais taux par-dessus les frais de votre banque. Il n'y a ni distributeur ni bureau de change sur l'île : emportez quelques réais en espèces avant de traverser.

Combien de nuits rester à Ilha Grande ?

Au moins cinq ; l'idéal, sept ou plus. Avec cinq nuits, les probabilités jouent pour vous : une peut être pluvieuse et les autres sont en général splendides. Avec deux ou trois, si vous tombez sur les nuages, vous repartez sans avoir vu l'île.

Peut-on combiner Búzios ou Arraial do Cabo et Ilha Grande dans le même voyage ?

Pas facilement : ils sont dans des directions opposées. La région de Rio se joue sur deux axes : Rio + nord (Búzios, Arraial do Cabo, Cabo Frio) ou Rio + sud (Ilha Grande, Paraty). Choisissez un axe. Deux destinations sur deux semaines, c'est parfait ; trois lieux dans des sens opposés, c'est passer ses vacances sur la route.

Ilha Grande est-elle sûre pour les touristes ?

Oui. Vila do Abraão est un village calme, sans voitures, à la criminalité très faible. Le plus gros tracas du voyage, c'est souvent un taxi à Rio au retour, pas l'île elle-même.